La boîte à outils des premiers hommes

Avant d’aller plus loin dans votre aventure, il serait plus prudent de vérifier votre matériel. Prenons quelques minutes au camp de base pour faire l’inventaire des outils à votre disposition.

Etude du fossile du matériel de Paleo

Excavation des outils

« Plongez dans l’inconnu », semble vous dire la couverture de la boîte de Paleo. Habillée en grande partie de blanc, sobre et élégante, elle fait surgir en son centre, au premier plan, un imposant mammouth paissant au milieu d’herbes folles. La bête donne l’impression de sortir de nulle part par son détachement avec le second plan dans lequel la présence humaine est limitée à un campement, insignifiant face à la grandeur de la nature. Elle préfigure ainsi les rencontres faites par votre tribu au cours des nombreuses expéditions que vous aurez à mener, rencontres que vous ne pouvez pas toujours anticiper et qui sauront vous surprendre.

Sur les tranches, on découvre certains des membres de la future tribu. Quatre personnages, deux féminins, deux masculins, annoncent les différents aspects de la vie à l’âge de pierre, de la fabrication des outils à la cueillette, en passant par la chasse. Si le dos de la boîte présente de manière tout à fait classique le principe du jeu, on apprécie de trouver aussi une brève présentation de l’auteur, Peter Rustemeyer, archéologue de son métier. Celle-ci est prolongée à l’intérieur de la boîte par la présentation du graphiste Franz-Georg Stämmele et de l’illustrateur Dominik Mayer, dont le travail est trop rarement mis en avant dans les jeux : on ne peut donc que saluer cette attention tout en appréciant les dessins qui les accompagnent qui donnent un bref aperçu du bestiaire préhistorique auquel on sera confronté : un bébé mammouth et une bête dissimulée dans sa caverne.

Nettoyage des artefacts

A l’intérieur de la boîte, on découvre un matériel généreux. Pas de thermoformage pour organiser l’ensemble mais un insert en carton avec de plus petits compartiments sur l’un des côtés pour stocker les cartes : celui-ci est joliment illustré pour rappeler les décors présents sur certaines parties du matériel et j’ai été plutôt séduite par ce choix, ainsi que par celui du bois pour les ressources et les deux dés imprimés, car cela correspond à l’ambiance naturelle dans laquelle Paleo veut nous immerger. Il est donc d’autant plus dommage de retrouver du plastique avec une multitude de sachets zips dispensables puisque les séparateurs auraient pu être aménagés de manière à ranger indépendamment les différents paquets. C’est l’un des points faibles de cette boîte qui aurait pu être optimisée, ce que nous signale l’imposant râtelier destiné à poser les outils à disposition de votre tribu pendant le jeu : celui-ci est du plus bel effet mais vous devrez à chaque fois le démonter pour le ranger, tout comme le cimetière des cartes. Pourtant, il ne manquerait que quelques centimètres en hauteur pour que tout trouve sa place. En plus de rendre la mise en place forcément un peu plus fastidieuse, on prend le risque d’abîmer le beau matériel.

Effectivement, au-delà de ces quelques défauts d’organisation, Paleo nous offre des éléments superbes et soignés, d’une très belle qualité. Trois plateaux très épais sont prévus pour accueillir les cartes et une partie du matériel de jeu. Les nombreuses pièces en cartons pour la fresque à reconstituer, les blessures et les outils à fabriquer, sont à la fois diversifiées dans leurs illustrations et solides. Enfin, les ressources en bois participent totalement à l’immersion dans le jeu par leur recherche de mimétisme ou, du moins, de représentation symbolique : on adore notamment les petits gigots de viande pour figurer la nourriture, qu’elle soit carnée ou non. Le râtelier n’est pas des plus ergonomiques et on pouvait tout à fait se contenter de placer les cartes et les outils sur la table à portée de main, mais il faut reconnaître que les éléments en 3D viennent apporter une esthétique tout à fait particulière au jeu.

Enfin, Paleo contient 222 cartes, de qualité convenable : le toilage rend la manipulation agréable et bien que l’épaisseur ne soit pas des plus remarquables, les cartes résistent plutôt bien aux multiples mélanges imposés par le jeu. Après une quinzaine de parties, les bords des cartes de mon module de base commencent seulement à montrer quelques petites irrégularités qui ne nuisent pas au jeu. Il sera toujours possible de les protéger pour éviter cette usure.

Transmission du savoir

Pour apprendre à jouer, l’éditeur a glissé dans la boîte deux livrets de règles : l’un présente les mécaniques principales de Paleo alors que l’autre s’annonce comme un supplément aux règles, conçu pour apporter des précisions, donner la mise en place des modules sur lesquels vont s’appuyer les scénarios de jeu, ou encore détailler les effets de quelques cartes.

L’idée est louable et la règle ne manque pas de bonnes initiatives : elle propose par exemple de nombreux encarts pour mettre en valeur tel ou tel point spécifique, elle inclut des schémas légendés et même des exemples de tour ou d’action. Toutefois, l’ensemble est assez confus et désoriente le nouveau joueur, notamment par excès de zèle. La règle est en effet très loquace et ce qui pouvait être condensé en quelques mots prend parfois plusieurs lignes. Cela densifie l’explication et la complexifie inutilement car le gameplay de Paleo est, du reste, vraiment simple à prendre en main. Par ailleurs, la structure est déroutante et on passe du temps à chercher les informations pendant les premières parties, la multiplicité des titres empêchant de bien hiérarchiser les différents éléments et de savoir à quoi se rapporter : un sommaire aurait été appréciable. Il faut toutefois savoir dépasser cette première entrée en matière laborieuse car Paléo est un jeu dont vous appréhenderez les mécaniques au fur et à mesure de la partie.

Au-delà de l’aspect technique, le supplément aux règles vous donne des informations sur les différents modules de jeu. Or, là où la règle est trop bavarde et nous perd sur d’autres aspects, elle remplit très bien ici son rôle par sa concision qui permet de laisser place à l’imagination. Elle donne pour chaque module le matériel nécessaire, un nom et quelques phrases d’ambiance uniquement. Cette sobriété est un atout puisqu’elle assure la possibilité pour les joueurs de créer leur propre histoire – ce à quoi la mécanique invite vraiment, j’y reviendrai – tout en assurant une certaine cohérence narrative entre les modules puisque chaque niveau invite à en mélanger deux ou trois.  

Vous voilà maintenant armés pour partir en expédition autour de votre camp de base. Quelle sera votre prochaine action ?

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